Rapport réel d’adéquation « complémentaire »

  1. Rapport réel d’adéquation « complémentaire »

Après avoir vérifié la nécessité d’un sujet de départ et d’un sujet final  pour que la valeur existe, nous observons que cette relation ne fait pas seulement référence au sujet final mais aussi à d’autres éléments qui se conjuguent à l’objet estimé pour permettre l’existence de la relation ultime. Dans notre étude, il apparaît de manière évidente qu’il est nécessaire  de considérer la complémentarité entre les différents biens avec, en dernier lieu,  une référence aux biens finaux ou de premier ordre dans la terminologie de Menger.

« Aristote affirme dans ses Topiques – un livre rarement lu par les économistes– que nous pouvons mieux juger de la valeur d’un bien si nous y ajoutons ou  soustrayons un groupe de marchandises. Plus la perte que nous ressentons lors de la destruction de ce bien est grande, plus « désirable » devient cette marchandise. »11

Pour que l’on attribue une valeur à une chose, c’est à dire pour qu’elle ait une utilité, il faut, en plus du sujet de départ et du sujet final, un ensemble de richesses auquel l’objet estimé vient s’incorporer et avec lequel il se conjugue. Les biens de cet ensemble de richesses se divisent en biens complémentaires et substitutifs du sujet de départ.

C’est pour cette raison que dans la valeur économique des biens intermédiaires, des facteurs de productions, il apparaît également, en plus de la relation principale du sujet de départ au sujet final, une relation à d’autres produits qui sont complémentaires du premier dans la production.

La valeur d’une marchandise augmente :

1) avec l’accroissement de la valeur de la richesse totale, du produit final ;

2) avec l’importance de cette marchandise dans l’ensemble de la richesse ;

3) avec la diminution de la quantité de ses équivalents ;

4) avec l’accroissement de la quantité et de l’importance de ses complémentaires.

Le concept de propriété apparaît déjà comme une partie importante de la considération de la valeur économique en englobant tout un ensemble de choses, le capital humain et différents capitaux physique, ayant un destin commun, avec une unité intrinsèque entre les parties, en raison de cette finalité commune. Les sujets de départ et de fin de ce rapport ne sont pas suffisant, il faut aussi prendre en considération l’ensemble des réalités avec lequel cet objet évalué a été mis en connexion. Sa valeur est différente selon le patrimoine auquel on l’incorpore.

La disposition libre et responsable de cet ensemble de choses par son propriétaire lui confère une unité complémentaire. Les problèmes inhérents à la complémentarité ont été traités en détails et avec minutie dans l’analyse économique.

« Menger signale que les  biens d’ordre plus élevé ont la caractéristique de ne pouvoir produire des biens d’ordre inférieur sans la coopération de biens « complémentaires » du même ordre. On en déduit donc, que si les biens complémentaires d’ordre élevé viennent à manquer, le « bien » en question ne peut satisfaire les nécessités, même de manière indirecte, et n’est plus utile, c’est à dire qu’il n’est plus un bien »12

« Il est vrai que nous avons une quantité  suffisante de biens d’ordre inférieur seulement par le biais de quantités complémentaires de bien d’ordre supérieur ; mais il est également vrai que nous pouvons incorporer à la production une quantité de biens d’ordre supérieur qui ne soit pas obligatoirement fixe, comme cela se passe dans les mélanges chimiques… L’expérience générale nous apprend que toute quantité définie de biens d’ordre inférieur est obtenu à partir de quantités différentes de biens d’ordre supérieur »13

11 KAUDER: “Génesis de la teoría de al utilidad marginal, desde Aristóteles hasta finales del siglo XVIII », The Economic Journal, septiembre 1953,  en El pensamiento económico…..
12 STIGLER: “El pensamiento económico en Carl Menger”, The journal of Political Economy,abril 1937, en El pensamiento  económico…
13 MENGER, op. cit., p.98.