L’existence des causes finales objectives de la valeur économique. – La existencia de causas finales objetivas del valor económico

L’existence des causes finales objectives de la valeur économique.

 Si les hommes cherchent toujours à atteindre un but final, c’est parce que celui-ci existe. Il existe une attirance vers cette finalité ultime inscrite au plus profond de l’être humain, et cette existence justifie l’urgence de déterminer, de manière concrète, la nature de cette finalité ultime. Si nous nous trompons sur la nature réelle de cette finalité, nous gaspillons nos efforts et notre inclination la plus profonde ira directement à l’échec.

L’homme a une raison d’être, et c’est en fonction de cet objectif qu’il a été doté de caractéristiques bien précises. En analysant ces caractéristiques, en analysant les pouvoirs de l’homme mais aussi ses penchants, nous pourrons connaître cette finalité qu’il a en lui.

Nous pouvons considérer certains éléments comme étant des preuves de l’existence de finalités objectives chez l’homme :

  • Nous pouvons observer, de manière empirique, que les individus, qui sont aussi des consommateurs, ne prennent pas de décisions au hasard, de manière arbitraire et aléatoire. Si les besoins humains n’avaient pas une certaine logique, ni l’économiste ni le chef d’entreprise ne pourraient les considérer comme des données.

 Le subjectivisme nécessaire à tout choix économique n’est pas totalement imprévisible, il y a une certaine cohérence dans le comportement humain. Dans la vie de tous les jours, les chefs d’entreprise organisent la production selon la demande anticipée de leurs clients potentiels ; ils ont même recours à des experts en études de marché dont le travail consiste à  découvrir ces tendances prévisibles.

            Tout être vivant, qu’il en soit conscient ou non, se dirige, par son travail, vers une finalité. Dans le milieu naturel, il existe un ordre interne symptomatique de l’existence d’une finalité. L’objectif commun à tous les êtres vivants, est d’atteindre la perfection de son espèce. Cette attraction vers un objectif est inhérente à la nature des choses, c’est une des conséquences des principes de la nature. L’homme, en tant qu’être intelligent, connaît sa finalité, il l’a intériorisée, il peut même se fixer des objectifs alternatifs et adapter ses actions pour  les atteindre.

            L’évolution de la demande des consommateurs, par exemple, peut être considérée comme une donnée stable permettant des généralisations significatives : le consommateur passe des produits primaires aux secondaires puis aux produits de luxe, au fur et à mesure que ses revenus augmentent. 9

            Même si la recherche « d’un code commun dans le creuset des valeurs éthiques » peut sembler complètement inutile, comme le faisait remarquer Hayek, ce sont ces même « valeurs » qui, parce qu’elles sont «  éthiques », deviennent des éléments  déterminants de la demande commune.

            Il est difficile de se mettre d’accord sur ce qui devrait être considéré comme bien-être, par contre, l’accord est presque unanime en ce qui concerne la définition du « mal-être » : le manque de tout ce qui est fondamental à la vie humaine. Le bien-être d’un individu ou d’une société passe d’abord par une résolution du « mal-être ». Des hommes ont déjà exprimé cette idée en termes d’humanité courante ou en utilisant les principes de l’éthique chrétienne ou bouddhiste. On retrouve également cette idée chez Hobson dans son concept de « coût humain », chez Hawtrey lorsqu’il distingue les produits « d’utilité » et les produits « créatifs » ou chez le professeur Pigou quand il défend un niveau minimum national du revenu.

            Si nous sommes prêts à accepter un dénominateur commun aux valeurs éthiques, nous pouvons considérer que nous sommes d’accord sur ce qui devrait figurer en premier sur la liste des problèmes sociaux urgents. 10 

  • La constatation empirique du fait que l’homme se trompe parfois dans ses actes économiques démontre que les finalités objectives existent.

            L’erreur est humaine, mais nous avons, en plus, la faculté de pouvoir reconnaître cette erreur, et d’admettre,  ainsi, implicitement, qu’il existait une possibilité de ne pas se tromper.

            L’existence de finalités objectives peut se baser sur cette conscience généralisée de l’erreur reconnue.

            L’homme s’approche de cette réalité objective en corrigeant son erreur, en la rectifiant. Nous apprenons de nos erreurs en les reconnaissant et en évitant de les commettre à nouveau. L’éthique  humaine n’est pas rationnelle, elle  apprend des erreurs pour pouvoir les rectifier dans le futur. 11

  • La distinction de Menger entre les biens réels et les biens imaginaires est un argument supplémentaire en faveur de l’existence des structures objectives vers lesquelles tendent les structures subjectives. On peut considérer qu’un bien est imaginaire quand on lui attribue, de manière erronée, des propriétés qu’il ne possède pas ou quand il est supposé satisfaire des besoins qui, en réalité, n’existent pas. Dans l’opinion subjective des hommes, il existe, alors, une évaluation inexacte de quelque chose sans fondements.

 Ces biens ont des qualités dérivées de propriétés ou de besoins imaginaires. Plus les hommes approfondissent la véritable essence des choses et leur nature authentique, plus le nombre de biens réels va augmenter et celui des biens imaginaires diminuer.

Il existe une claire relation entre le savoir et le bien-être, entre la connaissance authentique et l’amélioration des conditions de vie. 12

Carmichael montre, lui aussi, l’existence de la valeur subjective, lorsqu’il la distingue de la valeur objective. Selon lui, l’utilité ou « aptitude » qui est un élément essentiel de la valeur peut être réelle ou imaginaire.13

  • Un autre argument qui justifie l’existence de valeurs objectives fondées sur des finalités objectives est celui de la présence constante dans nos décisions économiques d’effets secondaires non désirés.

Les facteurs contre, ou avec lesquels nous devons agir sont souvent incontrôlés voire incontrôlables par l’homme. Cette réalité provoque un décalage entre nos actes et nos aspirations, entre vouloir et pouvoir. Dans ce dialogue entre un individu qui imagine, qui se fixe des objectifs subjectifs et le monde qui suit son cours …des effets secondaires imprévus peuvent surgir.

Ces effets secondaires ont des répercussions a posteriori sur la volonté et la conscience de l’homme, en modifiant ses jugements de valeur et ses finalités pour de futurs projets. Ce décalage entre vouloir et pouvoir est le signe de l’existence de réalités objectives. Les répercussions de ces succès imprévus ou de ces échecs non désirés représentent des changements importants pour les finalités et les attitudes purement subjectives.

On ne peut séparer complètement la valeur économique des valeurs éthiques. Toute étude de la valeur, qui se veut complète ne peut se limiter aux aspects subjectifs. La réalité et sa représentation  ainsi que les concepts sur l’essence et sur le devoir, sont tous mutuellement  impliqués.  Les effets secondaires14 prouvent  l’existence des causes finales objectives de la valeur et l’attraction qu’elles exercent sur les causes subjectives.

                                      *                      *                      *

La nature humaine a des finalités essentielles et une finalité ultime qui lui est propre. Le fait que l’homme agisse toujours en fonction de cette finalité ultime, montre l’attirance naturelle de l’homme vers un but parfait et définitif. Si l’homme poursuit cet objectif ultime, c’est parce qu’il tend à atteindre cette finalité absolue. Quand l’homme cherche librement la finalité qui correspond à son essence, ses efforts se voient récompensés. Par contre, si ces conditions ne sont pas remplies, cette recherche est frustrée et l’activité humaine devient un effort inutile. Si cette finalité ultime et objective existe, il semble logique qu’elle attire l’homme et que celui-ci l’accepte librement. Quand cette correspondance entre finalité subjective et finalité objective n’existe pas, c’est alors tout le processus qui est dans le faux et une reconversion des finalités devient nécessaire.

Nier l’existence des finalités objectives revient à convertir les finalités subjectives en objectives.

Les concepts purement abstraits, sans contenu, tels que « l’utilité », « le bonheur » ou « la valeur » vont empêcher l’investigation légitime de l’économiste sur les principes clefs de l’analyse des problèmes économiques. 

            La principale caractéristique de l’agent économique consisterait, toujours,  à préférer une grande quantité de richesses à une  petite. Nous pouvons faire cette affirmation car le mot « richesse » n’a pas une signification concrète et définie, il s’agit d’un concept abstrait dans lequel nous pouvons inclure tout ce dont les hommes ont, réellement ou non,  besoin.

            Une autre loi importante, tout aussi abstraite que la précédente, est celle de l’utilité marginale décroissante. En affirmant que les hommes tentent de répartir leurs revenus de la manière la plus satisfaisante, c’est à dire en essayant de répondre à leurs nombreux besoins, on n’explique ni ce que sont ces besoins ni quel est leur ordre de priorité. Se limiter à l’abstrait, en vidant les concepts de leurs contenus, revient à se limiter à la forme en n’apportant rien sur le fond.15

            Quand nous essayons de remplir ce symbole par un contenu concret, les besoins deviennent, alors : «L’inconnue la plus obstinément méconnue de toutes celles du système de variables »16  

            « La séparation de l’éthique et de l’économie est une conséquence du triomphe de la vision mécanique du monde et de son application à l’économie. De Hobbes à Mandeville, pour tous, la mécanisation était valable pour l’économie nationale qu’elle fût classique, néoclassique ou marxiste. Les agents économiques sont considérés comme étant des acteurs poussés par des instincts insatiables et dont les activités dans la production doivent être partagées, entre la mécanique et la technologie, selon les lois d’équilibre du marché ou celles de la planification centralisée. Du point de vue ontologique, chez Kant par exemple, les sciences économiques font parties des  sciences exactes et la raison pratique se limite, elle, au domaine de la moralité, de la volonté. On retrouve cette ontologie de l’économie chez David Ricardo mais aussi chez Marx. L’économie est considérée comme étant « un conflit avec la nature ”, une évolution des forces productives. La conception déterministe et mécanique de l’économie classique, néoclassique et marxiste,  est évidente. Les aspects rationnels et éthiques de l’acte économique sont, dans leur grande majorité, exclus. C’est ce que confirma Lénine  lorsqu’il approuva la thèse de Sombart qui montre qu’il n’y a pas un gramme d’éthique dans le marxisme mais seulement des lois économiques »17

            L’éthique ne peut être séparée de l’économie. On ne peut oublier, dans la considération de la valeur, une référence aux finalités humaines.  La stabilité et la cohérence des actes, la conscience de l’erreur et  l’existence des effets secondaires nous font affirmer l’existence des finalités objectives chez l’être humain.

            On ne peut partir de la base d’une conception subjective, arbitraire et hédoniste, qui considère l’homme comme un ensemble de désirs et pour lequel on dissocie la liberté de toute réfé

9 CLARK, Conditions of Economic Progress, cap. X  et XII.
10 MYINT, Teorías de la economía del bienestar, Instituto de Estudios Políticos, Madrid 1962, p. 383. Cfr. HAYEK, Camino de servidumbre, Alianza Editorial, Madrid 1977. PIGOU, The Economics of Welfare, English Language Book Society, 1962. HAWTREY, Economic Destiny .HOBSON, Work and Wealth.
11 KOSLOWSKI, “Moralidad y eficiencia”, Cuadernos Empresa y humanismo, Pamplona, Facultad de Filosofia y Letras, Universidad de Navarra, 1987, pp.67-70.
12 MENGER: “Plus la culture d’un peuple est développé, et plus les homes ont approfondi l’ analyse de la véritable essence des choses et  de leur authentique nature, plus le nombre des biens réels est important et faible, celui des imaginaires » « Les peuples les plus pauvres en biens réels, sont aussi, généralement les plus riches en biens imaginaires »(op.cit. p.44-49) 
13 ROBERTSON/ TAYLOR, “El enfoque de la teoria del valor en Adam Smith” The Economic Journal, LXVII, junio 1957, en El pensamiento…p. 305.
14 KOSLOWSKI, op.cit.pp.67-70.
15 KNIGHT, Ethics of Competition, p. 36.
16 MYINT, op.cit, p. 356.
17 KOSLOWSKI, op.cit, pp.64-65.
  1. La existencia de causas finales objetivas del valor económico

Si los hombres buscan siempre un fin último, es porque dicho fin existe. Existe una tendencia hacia ese fin último inscrita en lo más íntimo de la libertad humana y esa existencia implica la urgencia de determinar concretamente la naturaleza de ese fin último. Si nos engañamos, buscando como fin último lo que no lo es realmente, malogramos nuestras fuerzas y hacemos fracasar nuestra inclinación más profunda.

El hombre está hecho para algo y de acuerdo con ese fin está dotado de unas características precisas. Analizando esas característi­cas, analizando sus potencias e inclinaciones, se puede llegar a cono­cer su intrínseca finalidad.

Veamos algunas pruebas de la existencia de fines objetivos en la naturaleza humana:

1) Empíricamente se observa que los individuos, que son al mis­mo tiempo consumidores, en sus decisiones económicas no actúan de una manera deslavazada, totalmente arbitraria y aleatoria. Si las necesidades humanas no tuviesen una cierta dirección, si no fuesen suficientemente estables, no podrían ser tratadas como datos ni por el economista ni por el empresario. El subjetivismo necesario en toda elección con contenido económico no es totalmente impredecible; hay pautas de comportamiento coherentes. En la vida real, los em­presarios actúan basándose en la posibilidad de organizar los recur­sos productivos de acuerdo con la demanda anticipada de sus clien­tes potenciales e incluso acuden con frecuencia a expertos en investi­gación de mercados cuya labor es, precisamente, la de descubrir esas tendencias estables de la elección humana. Todo el complicado en­tramado estructural del moderno sistema económico está desarrolla­do siguiendo un proceso, no totalmente aleatorio, sino coherente con las pautas de comportamiento lógicas de la naturaleza humana.

La experiencia observable en todos los tiempos y en todos los lugares indica que las actuaciones de la naturaleza tienen un orden, un sentido, es decir que todos los seres, no sólo el hombre con su acción libre, al actuar, se rigen por algún fin. Se advierte que los mismos efectos se siguen de modo cierto de las mismas causas y que, por tanto, esas causas están dirigidas a los mismos resultados: sus fines concretos.

Todo ser, por tanto, sea consciente de ello o no, se encamina en su obrar a su fin y bien se puede decir que ese ser es idóneo para ese fin, para alcanzar ese objetivo.

En el ámbito natural, en el ámbito de los recursos naturales, se da un orden interno en todos los procesos, orden interno que es síntoma de la existencia de un fin, el cual, por su parte, es causa de dicho orden y centra su idoneidad.

La regularidad con que se suceden los procesos naturales es ma­nifestación de la atracción todopoderosa que sobre ellos ejerce el fin. Y, por el contrario, la ausencia de finalidad, y por tanto de dirección, se revela en los fenómenos que acontecen por puro azar.

Los males físicos son también manifestación de la existencia del fin en el obrar natural, en tanto en cuanto mal es precisamente eso: falta de consecución de un fin. Algo es malo en la medida en que no alcanza aquello a lo que tiende.

El fin primario de todos los seres es alcanzar la perfección de su especie. Todos los procesos físico-químicos de un animal tratan de producir y conservar el máximo dentro de su especie; se ordenan a procurar que desarrolle todas sus potencialidades, todas sus idonei­dades.

Esta inclinación hacia el fin, esta idoneidad, está insita en la natu­raleza de las cosas y no surge de un conocimiento del fin, sino que surge de los principios de la propia naturaleza.

El hombre, en cuanto ser inteligente, tiende a su fin conociéndo­lo como tal, interiorizándolo, dominando sobre las acciones relacio­nadas con ese fin.

El hombre puede proponerse objetivos alternativos y armonizar diversas actuaciones en orden a la consecución de esos objetivos.

La idoneidad de un ser hace referencia fundamentalmente al fin. Un ser es de esta manera o de otra porque está hecho para ser tal o cual cosa. A su vez, no sería idóneo si no fuese en primer lugar, si no existiese, si no fuese lo que debe ser y si no actuase como debe actuar.

La finalidad marca la idoneidad de los seres y los dirige hacia ella atrayéndolos armónicamente, ordenadamente. Es el principio de ordenación de las idoneidades.

La transición, por ejemplo, de las pautas de comportamiento en la demanda de los consumidores desde los productos primarios a los secundarios y los de lujo indica un tipo definido y estable que permi­te el estudio de numerosas generalizaciones significativas: se pueden tratar las necesidades futuras de los individuos, a medida que sus rentas aumentan, como dadas y, por tanto, como datos . 9

Aunque a primera vista puede parecer completamente inútil −­como ya señalara Hayek− la búsqueda de un «código común en el crisol de los valores éticos», sin embargo serán dichos «valores», por la misma razón de su «eticidad», el factor determinante de la situa­ción y, por tanto, de la demanda común.

Se tiene que señalar, sin embargo, que no es imposible encontrar el común denominador entre diferentes juicios de valor y que aun­que esta importante verdad está bastante trillada cuando se expresa explícitamente, con frecuencia se olvida en las discusiones abstractas del bien final. Eso se puede ver en el hecho de que, aunque pocos llegarían a un acuerdo sobre lo que se debería considerar como bienestar positivo, hay un acuerdo casi unánime en el punto en que la falta de las necesidades elementales de la vida humana producen el bienestar negativo o «malestar». El bienestar positivo, ya para un individuo o pata la sociedad, no se puede alcanzar generalmente sin terminar primero con las causas del bienestar negativo. Hombres corrientes han expresado esta idea en términos de humanidad co­rriente y ética cristiana o budista. La misma idea se encuentra en el concepto de Hobson de «coste humano», la distinción de Hawtrey entre los productos «protectivos» o «de utilidad» y los «creativos» y la defensa del profesor Pigou de un nivel mínimo nacional de la renta real.

Por lo tanto, si estamos dispuestos a aceptar este denominador común de valores éticos, tenemos un acuerdo sobre lo que se debería considerar lo primero en la lista de problemas sociales urgentes. 10

2) La constatación empírica y experimentada de que en su ac­tuar económico el hombre yerra, o se equivoca, es signo de que existen esos fines objetivos.

El error es constitutivo de la actuación humana y, además, pode­mos reconocer ese error, con lo que admitimos, también subjetiva­mente, que en la actuación errada anterior existía la posibilidad de otra mejor. Además de las actuaciones subjetivas efectiva e histórica­mente realizadas, reconocemos la existencia ideal pero posible de otras actuaciones mejores. La actuación mejor entre las ideales posi­bles la podemos llamar objetiva. La existencia de fines objetivos se puede fundar en esa conciencia generalizada de la equivocación re­conocida.

Un corolario de estas conclusiones es que el hombre se acerca al alcance de esa realidad objetiva, más correcta, precisamente a través de la corrección del error, de la rectificación. Aprendemos de las equivocaciones al reconocerlas e intentamos evitarlas en próximas actuaciones que procurarán ser más objetivas, más adecuadas a los auténticos fines. La ética, los códigos de actuación, no podemos idearlos de una forma racionalista como si estuvieran enteramente determinados en sus principios y deductivamente aplicables .en todos los casos. La ética humana no es mero racionalismo; cuenta con el error y, aprendiendo con él, puede rectificar en el futuro. 11

Si el hombre, en su actuación, guiado por fines subjetivos, se equivoca, es porque existe una configuración ideal mejor, con res­pecto a la cual se yerra.

3) La distinción de Menger entre bienes reales y bienes imagina­rios es otro argumento en favor de la existencia de estructuras obje­tivas hacia las que tienden las subjetivas. El fenómeno de los bienes imaginarios se da cuando se atribuyen erróneamente a las cosas pro­piedades que, en realidad, no poseen, o cuando, también equivoca­damente, se presuponen unas necesidades humanas que en realidad no existen. En la opinión subjetiva de los hombres aparece entonces la valoración errónea de aquello que en realidad no tiene fundamen­to. Esos bienes derivan su cualidad de propiedades o necesidades imaginadas. Cuando más profundamente analizan los hombres la verdadera esencia de las cosas y su auténtica naturaleza, mayor es el número de los bienes reales y menor el de los imaginarios.  Los  pue­blos  de  baja  cultura  son  más  ricos  en  bienes imaginarios.

Existe una clara interconexión entre el saber y el bienestar, entre el conocimien­to auténtico y la mejora de vida 12.

Carmichael también distingue entre valor subjetivo y objetivo, afirmando por lo tanto la existencia de éste, cuando señala que la utilidad o «aptitud», que es un componente esencial del valor, puede ser real o imaginada. 13

4) Otro argumento no desdeñable a favor de la existencia de valores objetivos fundamentados en fines objetivos es la presencia constante en nuestras decisiones económicas de efectos secundarios no deseados.

El sentido que adquieren las obras humanas en su realización temporal desborda, trascendiéndolo, el sentido que el hombre, en un principio, preveía. Los factores frente a los que se actúa y con los que se actúa están sometidos a unas leyes propias, en muchos casos no controlas ni controlables por nosotros. Esta realidad origina la no correspondencia entre nuestra actuación final y las aspiraciones proyectadas con anterioridad; entre el querer y el realizar, entre el curso histórico del mundo y el conocimiento de ese curso. En el diálogo entre el sujeto y el curso objetivo del mundo; entre imagina­ciones, objetivos subjetivos y valoraciones de proceso histórico del mundo y su acontecer real, surgen efectos secundarios no previstos, ni en ocasiones deseados, pero sí efectivos.

Los efectos secundarios repercuten a posteriori sobre la voluntad y sobre la conciencia rectificando las actitudes valorativas. A través del conocimiento de aquello que procede de los resultados de la actuación, se modifican nuestros juicios de valor y nuestras finalida­des para ulteriores decisiones. La discrepancia entre el querer y el realizar es signo de la existencia de realidades objetivas. Las repercusiones, sobre nosotros mismos, de la propia actuación, tanto en los éxitos no previstos como en los fracasos no deseados, ejercen el pa­pel de fuertes correctivos sobre las finalidades y actitudes puramente subjetivas.

El valor económico no se puede separar completamente de los aspectos éticos. Todo tratamiento del valor que intente llegar a sus últimas consecuencias no se puede quedar en los meros aspectos subjetivos, si no quiere quedarse en nada positivo. Los argumentos fácticos y los de valor son interdependientes y producen efectos se­cundarios mutuos. La realidad y la representación de la realidad, junto con las ideas acerca del ser y del deber se implican mutuamen­te. Los efectos secundarios 14  manifiestan la existencia de causas fina­les objetivas del valor que ejercen una continua atracción sobre las causas subjetivas por vía de aprendizaje.

*        *        *

La propia naturaleza humana tiene unos fines esenciales y un fin último propio. El hecho de que el hombre actúe siempre por un fin último es la necesaria expresión consciente de la inclinación natural hacia el fin perfecto y definitivo. Si el hombre persigue un fin último, es porque tiende de por sí a lograr un fin supremo. Esta inclinación llega a buen término cuando el hombre busca libremente el fin que es propio de su naturaleza. En caso contrario, la tendencia al fin queda frustrada, y toda la actividad humana no deja de ser un esfuer­zo inútil. Si existe ese fin último objetivo, es lógico que ejerza su influencia por atracción sobre el hombre de forma que éste, libre­mente, debe aceptar esos fines que le convienen naturalmente. Cuan­do no se da esa correspondencia entre el fin subjetivo y el fin objeti­vo, se yerra todo el proceso y se hace necesaria una reconversión de los fines.

El negar la existencia de fines objetivos lleva a quedarse en los subjetivos, sin norte que los oriente. Si se niega la existencia de fines objetivos, lo que hacemos es convertir los subjetivos en objetivos.

La tendencia a un concepto puramente abstracto, neutral, sin contenido, de «utilidad», «felicidad», «valor», etc., es una forma de objetividad, es cerrar el paso a la lícita investigación del economista de principios clave que influyen en las perspectivas del análisis de los problemas económicos.

El rasgo principal del hombre económico (manifestado por la afirmación de la preferencia, siempre, de una cantidad mayor de riqueza frente a una menor) podemos decir que es cierto, precisa­mente porque la palabra «riqueza» no tiene un significado concreto y definido; es un concepto abstracto que puede incluir todo lo que los hombres necesitan verdaderamente o no.

Otra ley importante, la de la utilidad marginal decreciente, tam­bién es tan abstracta como la primera, puesto que al indicar que los hombres intentan distribuir su  renta  en  la  forma  más  satisfactoria  para  atender a sus múltiples necesidades,

tampoco se dice nada del contenido y prioridad de esas necesidades. Quedarse en lo puramen­te abstracto, vaciando el contenido de conceptos como necesidad, utilidad, valor, felicidad, etc., es limitan e a las formas sin afirmar nada aprovechable. 15

Cuando tratamos de rellenar ese símbolo con un contenido con­creto, entonces las necesidades se convierten en «la incógnita más obstinadamente desconocida de todas las del sistema de variables». 16

«La separación de ética y economía es una consecuencia del triunfo de la visión mecanicista del mundo y su aplicación a la econo­mía desde Hobbes y Mandeville, una mecanización válida para la economía nacional clásica, neoclásica y marxista. Los sujetos econó­micos se consideran actores empujados por instintos insaciables, cu­yas actividades en la producción deben ser mediadas mecánica y técnicamente a través del equilibrio del mercado o la planificación centralizada. Desde el punto de vista ontológico -por ejemplo en Kant-, las ciencias económicas se clasifican entre las ciencias exac­tas y la razón práctica se limita, exclusivamente, al ámbito interno de la moralidad, a la voluntad pura. Esta ontología de la economía como ámbito técnico o natural es propia tanto de la economía pre­marxiana de un David Ricardo como del mismo Marx. La economía se contempla fundamentalmente como «conflicto con la naturaleza», como evolución de las fuerzas productivas. Queda patente el fondo determinista y mecanicista de la economía clásica, neoclásica y mar­xista. Los aspectos racionales y éticos de la actuación económica quedan excluidos en gran medida. Queda más patente en la aproba­ción de Lenin de la tesis de Sombart, de que en el marxismo no había ni un gramo de ética, sino solamente leyes económicas. 17

La ética no se puede separar de la economía. No se puede olvi­dar, en la consideración del valor, una referencia al contenido objeti­vo de las finalidades humanas. La estabilidad y coherencia en las actuaciones, la conciencia de error y los efectos secundarios nos lle­van a la afirmación de la existencia de fines objetivos en la naturale­za, y asimismo en la naturaleza humana.

No se puede partir de una concepción meramente subjetivista, arbitraria y hedonista que considera al hombre como conjunto de deseos y en el que disociamos la libertad de toda referencia a una concepción objetiva.

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 CLARK, Conditions of Economic Progress, caps. X y XII.
10   MYINT, Teorías de la economía del bienestar, Instituto de Estudios Políticos, Madrid 1962, p. 383. Cfr. HAYEK, Camino de servidumbre, Alianza Editorial, Ma­drid 1977. PIGOU, The Economics of Welfare, English Language Book Society, 1962. HAWTREY, Economic Destiny. HOBSON, Work and Wealth.
11   KOSLOWSKI, «Moralidad y eficiencia», Cuadernos Empresa y Humanismo, Pam­plona, Facultad de Filosofía y Letras, Universidad de Navarra, 1987, pp. 67-70.
12   MENGER: “Cuanto más elevada es la cultura de un pueblo, y cuanto más profundamente analizan los hombres la verdadera esencia de las cosas y su auténtica naturaleza, mayor es el número de bienes reales y menor, como es obvio, el de los imaginarios.» «Aquellos pueblos que más pobres son en bienes verdaderos, suelen ser también los más ricos en bienes imaginarios» (op. cit., p. 44). Y añade: «Se da este fenómeno cuando se les atribuyen erróneamente a las cosas propiedades y, por tanto, causalidades que, en realidad, no poseen, o donde, también erróneamente, se presuponen unas necesidades humanas que en realidad no existen. En ambos casos aparecen, a nuestro entender, cosas que se hallan, no en realidad, pero sí en la opinión de los hombres, en la relación antes dicha, que es la que fundamenta la cualidad de bien de las cosas.» «A estos objetos, que derivan su cualidad de bien únicamente de unas propiedades imaginadas o de unas imaginadas necesidades hu­manas, puede calificárseles también de bienes imaginarios» (op. cit., p. 49).
13   ROBERTSON/TAYLOR, «El enfoque de la teoría del valor en Adam Smith», The Economic Journal, LXVII, junio 1957, en El pensamiento…, p. 305
14   KOSLOWSKI, op. cit., 67-70.
15   KNIGHT; «La ley de la utilidad marginal decreciente es casi tan abstracta como la primera; su contenido objetivo está integrado por la declaración que los hombres luchan por distribuir la renta en alguna forma la más satisfactoria para lograr atender a sus múltiples necesidades en vez de concentrarse sobre unas pocas. Tales leyes no son importantes, porque se refieren a la forma sólo y prácticamente no dicen nada del contenido» (Ethics of Competition, p. 36).
16 MYINT, op. cit., p. 356.
17 KOSLOWSKI, op. cit., pp. 64-65.