Conséquences de l’existence de finalités objectives. -Consecuencias de la existencia de fines objetivos

Conséquences de l’existence de finalités objectives.

Une fois, l’existence de ces finalités objectives, admise, nous pouvons étudier leurs conséquences.

            Si nous considérons, comme hypothèse de travail, qu’il existe une certaine harmonie universelle selon laquelle tous les êtres humains se dirigent, librement vers une finalité authentique, nous pouvons en déduire que  chaque objet créé a une valeur correspondant à son utilité. L’utilité de chaque bien est le résultat d’un choix et d’une répartition harmonieuse des actes de consommation et de production, que l’homme a effectués par rapport à sa finalité ultime.

            L’homme, étant un être intelligent et libre, nous pouvons supposer qu’il existe deux types de valeur : celle que l’homme a fixée selon certaines circonstances subjectives (le lieu, le temps, les désirs, les besoins) et d’autre part, la valeur objective et idéale : celle de la nature des choses, le résultat de cette parfaite harmonie universelle.

            Nous pouvons distinguer une valeur objective et une valeur subjective, selon que nous nous référons à la capacité réelle des produits à répondre aux besoins humains ou à leur propension à correspondre aux finalités subjectives. La capacité objective correspond à une capacité idéale et la capacité subjective à une capacité réelle. La valeur effective des produits dans une société est une valeur subjective, mais il existe une valeur idéale qui correspondrait à  celle qu’un spectateur omniscient pourrait attribuer s’il savait ce qui est idéal et parfait pour chaque chose, à tout instant. 

            D’une certaine façon, la nature des choses n’est ni logique ni illogique. La logique est l’instrument dont l’homme se sert pour essayer de  comprendre la nature des choses, mais cet instrument n’est pas valable. Les individus qui, dans une situation déterminée, vont agir sur le marché n’ont qu’une connaissance partielle des circonstances. Il existe donc un gap, entre l’idéal objectif et ce qui est subjectif.

            Les erreurs de calcul au sujet de la capacité subjective par rapport à l’idéal objectif sont à l’origine des crises économiques, des déflations et inflations, de la croissance et de la dépression, des équilibres et déséquilibres, de la richesse et de la pauvreté.

            « Tout ce que nous pouvons savoir est que la dernière décision au sujet du bien et du mal ne sera pas la conséquence d’un discernement humain individuel mais plutôt de la décadence des groupes ayant adopté des croyances « erronées » »18

            Quand un agent économique surestime la capacité d’un produit, à générer de la richesse dans le futur, sa valeur subjective étant supérieure à sa valeur idéale, il le paiera plus cher sur le marché. Plus tard, il se rendra compte de son erreur de calcul et essaiera de corriger la valeur subjective en l’adaptant à l’idéale. Parce que la valeur subjective réelle aura baissé, la valeur du patrimoine (toujours subjective) aura baissé, elle aussi.

            Cette valeur idéale, objective, n’est pas une valeur fixe, elle varie selon les circonstances temporelles, elle est influencée par la valeur réelle, subjective, et par les décisions et redistributions que cette dernière supposent.

            Sur l’île de Crusoé, la valeur subjective de quelques herbes est plus élevée que sa valeur objective, si l’on croit qu’elles ont des propriétés médicinales qui, par la suite, se révéleront inexistantes. Au moment de la déception, on réduira sa valeur subjective en l’adaptant à l’objective. Si, au contraire, on avait découvert des priorités médicinales sans même les avoir imaginées, la valeur subjective aurait augmenté et se serait adaptée à la valeur idéale.

            Le  total des valeurs varie avec le temps puisque le temps permet de connaître avec plus de précisions l’utilité exacte des choses et permet de rectifier l’idée que nous nous faisons de cette utilité idéale. La valeur totale a tendance à augmenter, car chaque génération est en mesure de profiter des découvertes, des progrès et des rectifications des générations antérieures.

            « Si les hommes étaient, simplement, des animaux d’une espèce supérieure, comme les abeilles qui vivent et travaillent ensemble de façon instinctive, la description et l’explication des phénomènes sociaux en général et en particulier, des phénomènes de production, distribution et consommation de la richesse, constituerait une science naturelle. Cette science, à vrai dire, ne serait rien d’autre qu’une branche de l’histoire naturelle, une simple conséquence de l’histoire naturelle des abeilles. Mais tout cela est faux. L’homme est doté de raison et de liberté, il est capable de prendre des initiatives et de faire des progrès. En matière de production et de distribution de la richesse, ou plus généralement,  dans tous les domaines de l’organisation sociale, un choix est possible entre ce qu’il a de mieux et ce qu’il y a de pire. L’homme a tendance à choisir ce qu’il y a de mieux. »19 

            Mon approche coïncide avec celle des marginalistes, quand ils affirment que c’est la qualité du produit, son adéquation parfaite, qui donne de la valeur aux facteurs de production, et quand ils montrent que la valeur d’un produit est la conséquence de l’appréciation de ce produit sur le marché. Mais j’ajoute que cette appréciation peut être erronée. Un individu peut croire qu’un objet a de la valeur alors que cet objet n’est qu’un mirage. Le produit a, en plus de cette valeur obtenue par sa demande sur le marché, à un moment déterminé, une valeur objective, idéale, différente.

            Au fur et à mesure que les hommes augmenteront leurs connaissances des différents produits et de leurs différentes utilités, la valeur du marché ressemblera davantage à la valeur objective du moment.

            Le niveau d’information du consommateur, non seulement, en ce qui concerne les caractéristiques du produit, leur localisation, mais aussi sur la qualité de ses objectifs, devient le facteur clef pour que la valeur du marché s’approche le plus possible de l’authentique valeur de tel produit ou de tel service.

            La consommation des biens et des services qui ne permettent pas à l’homme d’atteindre ses objectifs, même si ceux-ci sont fortement appréciés sur le marché à un moment déterminé, devrait décroître postérieurement, et les produits seront substitués par d’autres.  

            Tous les changements que suppose la recherche du véritable bonheur sont à l’origine des transformations de la demande, qui, à leur tour, impliquent des mutations de l’offre.

            Ces reconversions et ces nouvelles demandes stimulent la recherche et la découverte de nouvelles « utilités » pour des produits qui avaient été rejetés ou ignorés.

            L’étude de l’évolution de la pensée ou de la vision philosophique de la vie nous donnera une idée précise de ce qu’est l’utilité ultime subjective. De cette étude, nous pourrons déduire les constantes historiques qui nous donneront une indication de ce qu’est le bonheur objectif que vise, inconsciemment, l’utilité subjective.

            L’homme, naturellement et librement, veut atteindre le bonheur. Il lui arrive de se tromper de chemin et de s’éloigner de son but. Tôt ou tard, les hommes ou un seul d’entre eux, captent un aspect concret de ce bonheur objectif et vont vouloir le rendre perpétuel.

            « Nos jugements sur la qualité de la vie ne sont pas des expressions d’un caprice individuel mais ces jugements se rapprochent d’une valeur objective même si celle-ci est approximative »20 

            L’étude scientifique des authentiques finalités humaines et la communication du résultat de ces recherches au plus grand nombre de personnes, constituent le véritable moteur, la véritable orientation de tout le processus économique de production.

            De plus, la connaissance, la plus objective possible, des capacités des différents biens matériels et de leurs relations complémentaires, est fondamentale pour appréhender de manière objective, la valeur économique et pour connaître les caractéristiques objectives de la nature humaine. La science économique doit découvrir l’homme, tel qu’il est,  et sa façon d’agir dans le monde. Elle doit substituer des conceptions abstraites de l’homme par des conceptions plus en accord avec la véritable nature humaine et ses exigences. Les sciences qui étudient la nature humaine doivent intéresser le chercheur en économie. Il doit tenter de découvrir, dans le domaine de la nature mais aussi dans celui de l’homme, cet ordre objectif inhérent.

            Nous pouvons affirmer avec Joseph J. Spengler que l’homme habite deux sphères : l’objective, la réelle et l’analytique ou hypothétique. La sphère du réel est constituée par l’ensemble des faits, discordants et confus en apparence, mais dont l’harmonie pourrait être perçue par un observateur omniscient et sans préjugés qui viendrait d’une autre planète. La sphère de l’hypothétique est formée par les inventions mentales plus ou moins géniales d’un théoricien de la réalité socio-économique qui se baserait sur sa perception subjective du monde réel pour le comprendre et, si possible, le  contrôler.

            La sphère de l’hypothétique conçue par les théoriciens de la réalité socio-économique constitue une partie importante de l’idéologie de leur société. Cette idéologie est un élément essentiel du bagage spirituel qui, conjointement avec l’équipement matériel,  va déterminer le bien-être des individus de cette société. Dans cette sphère subjective, il faut distinguer les éléments irrationnels des éléments rationnels, et parmi ces derniers,  ceux qui vont être compatibles ou non, avec la sphère réelle.

            « Le progrès de la théorie sociale et, en grande partie, de la capacité humaine à se représenter son environnement physique et spirituel, consiste à substituer des inventions mentales irrationnelles par des inventions mentales rationnelles, et à remplacer celles qui sont incompatibles avec le monde réel par des compatibles. » 21 

            En raisonnant et en observant, nous essayons de faire progresser le système « objectif » des actes humains. Par cette recherche, nous pouvons nous faire une idée de ce qui est le mieux pour l’homme, et par conséquent, des finalités qu’il doit poursuivre. Si le quartz, l’orange ou le canard ont une nature spécifique, il est logique que l’homme ait la sienne et que,  par conséquent, elle puisse être l’objet d’un effort rationnel d’observation et d’analyse. L’étude de la valeur économique nous conduit à l’analyse anthropologique de la vérité scientifique de l’être humain.

            La valeur économique n’est pas une simple série de circonstances aléatoires mais, au contraire, quelque chose que nous pouvons déduire objectivement de la nature des choses ou de la nature humaine.

            Ce sont ces faits qui sont à l’origine de l’éthique authentique, une éthique éloignée des conceptions utilitaristes qui la réduisent aux aspects sociologiques. Au-delà des subjectivités des civilisations, des individus et des sociétés, il existerait une éthique universelle définissant un ensemble de normes objectives de conduite, totalement indépendante du contexte culturel.22

            « Nous ne pourrons respirer tranquillement que quand l’homme se sera retrouvé et lorsqu’il aura récupéré  sa propre nature »23

Ce qui est essentiel, pour déterminer la valeur, se trouve dans les couches les plus profondes de la sphère morale et spirituelle de chaque personne, mais aussi dans l’éthique qui questionne les finalités que nous nous proposons pour savoir si elles sont compatibles avec les finalités d’autres hommes ou avec les finalités de la nature. L’économie, influencée par l’éthique,  facilite les moyens permettant d’atteindre ces objectifs. Parce que  les objectifs et les moyens sont interdépendants, on ne peut séparer l’éthique de l’économie.

« Les questions éthiques sont inéluctables : il faut avoir des finalités pour juger les politiques, et ces finalités doivent avoir un contenu éthique, même si celui-ci est bien caché » 24

            C’est cette conviction de l’existence d’un ordre objectif, qui poussa Adam Smith, et beaucoup d’autres, à élaborer  une synthèse cohérente des rapports économiques. Les phénomènes économiques sont des manifestations d’un ordre sous-jacent de la nature, gouverné par des forces naturelles que le théoricien doit essayer de découvrir et de rendre visible dans la mesure de ses possibilités.

            Chez Smith, nous trouvons cette conviction de l’existence d’une perfection objective.

« L’ ius naturale romain, par le biais des écrits de Grocio et de Pufendorf,  a fortement influencé la pensée de Smith. Mais l’emphase de la Renaissance, la philosophie naturaliste de Shaftesbury, Locke, Hume, Hutcheson, ainsi que  le théisme optimiste des philosophes écossais, tout comme l’empirisme de Montesquieu, l’ont influencé  plus fortement et de manière plus immédiate. La science, la philosophie, la technologie, la psychologie et l’Histoire, sous la direction d’Adam Smith,  allaient démontrer l’existence d’un ordre de la nature ayant des intentions positives envers le genre humain. »  25 

            Adam Smith développe sa conviction de l’existence d’un ordre, se manifestant par l’action des forces de la nature et des propensions innées de la nature de l’homme, dans son œuvre Théorie des sentiments moraux. C’est cette théorie qui a permis par la suite l’élaboration de La richesse des nations. Sa tentative d’approche de la nature des choses a été plus ou moins réussie, mais on ne peut nier qu’elle a été motivée par la conviction rationnelle de son existence. Si l’ordre objectif n’existait pas, tout effort pour s’en approcher serait vain.

            Les finalités objectives étant inaccessibles, il semble inutile de construire toute la logique du processus productif sur un pilier irréel. Cependant, comme nous savons que les finalités subjectives rejoignent les objectives, il nous suffit d’étudier les subjectives – présentes dans la pensée de chaque être humain – en analysant leurs applications : les actes et habitudes de consommation et de production.

            « Je crois qu’il est possible de découvrir un ensemble de préceptes généralement admis sur le comportement éthique personnel et de démontrer sa concordance avec le comportement de l’utilité pour la domination des individus » 26  

            En analysant les habitudes de consommation et de production, nous pouvons découvrir des aspects du bonheur objectif : l’habitude de dormir pendant un nombre d’heure déterminé, par exemple. Si nous tenons compte du fait que cette habitude dure depuis des siècles et peut s’observer en tous lieux, nous pouvons dire qu‘il y a une relation entre le fait de dormir quelques heures et l’amélioration de la qualité de vie.

Le développement des services médicaux, est un autre exemple. C’est un signe de l’augmentation de la demande de santé mais aussi un indicateur de notre recherche innée de prolongation de la vie. La vie est l’élément indispensable pour atteindre le bonheur. Les taux de suicide  et leurs causes sont un signe de l’absence du bonheur, un signe de malheur. 

« La loi de l’utilité marginale ne se réfère pas à la valeur au sens objectif mais à la valeur au sens subjectif. Elle ne fait pas allusion aux propriétés chimiques ou physiques des choses, elle s’intéresse, seulement, à leur aptitude à promouvoir le bien-être de l’homme. Elle ne s’occupe pas d’une certaine valeur intrinsèque des choses mais plutôt de la valeur que l’homme  attribue aux services que ces produits vont pouvoir lui rendre. » 27

Mais l’homme peut se tromper, il peut ignorer quel est son état de réalisation totale. Nous pouvons supposer, même si cela reste une hypothèse, qu’il existe effectivement un état de perfection, de bien-être maximal, pour chaque personne et à chaque instant. Si nous prenons en compte la capacité de rectification de l’être humain, nous pouvons penser qu’ « il existe diverses étapes dans notre approche asymptote de l’état, après lequel, il n’y a plus de nouvelle action. » 28

Tous les objets de l’univers ont un but à atteindre, un besoin humain à combler, et l’homme, qui est celui qui estime leur valeur, a lui aussi, ses objectifs, une finalité concrète et définie, en tant qu’individu mais aussi en tant que représentant de l’humanité.29 

Même, une fois ces objectifs atteints, l’homme ne cesserait pas d’agir. Cette situation engendrerait de nouveaux buts subjectifs et objectifs à conquérir. L’homme est un être pensant et son activité intellectuelle et spirituelle ne cesse pas.

Il existe, donc, réellement,  une main invisible. Et même si nous les méconnaissons, il existe des utopies que tout être humain peut atteindre.

« Quand le niveau de développement était moins élevé, nous pouvions exclure, temporairement,  le savoir de l’économie, de la science, et de la technologie, mais maintenant que nous avons atteint un niveau de prospérité important, le problème de la vérité spirituelle et morale est celui qui occupe la position centrale. »  30 

De nombreux économistes ont signalé, à plusieurs reprises, que la fécondité démesurée de la nature, grâce au travail humain, semble se mettre à disposition de l’homme pour qu ‘il puisse atteindre ses objectifs. Ces économistes ont aussi reconnu les avantages et l’harmonie que l’ordre naturel du marché arrive à créer. Ils se sont réjouis des progrès scientifiques et de la polyvalence des richesses matérielles, à l’heure de servir l’homme. Ils reconnaissent que ces capacités à être utile, à avoir de la puissance, ne sont pas des créations humaines. Cependant, ils ne se hasardent pas à sauter le pas et à reconnaître qu’il doit forcement exister des idéaux objectifs accessibles.

Si nous admettons l’hypothèse qu’il existe une pléiade de valeurs objectives et ultimes qui attirent les subjectives, nous constatons, alors, que le bénéfice subjectif augmentera dans la mesure où nous nous approcherons de  cet idéal.

En tant qu’économiste, nous devons, également, nous glisser dans le sanctuaire des motivations de l’action humaine, dans le sanctuaire de la liberté. Nous devons chercher ce qu’il y a au-delà de la consommation, vérifier quelles sont les lois qui, sans détruire notre liberté toute relative, arrivent à la gouverner. Nous nous demanderons ce que cherche à obtenir l’homme par ses combinaisons de travail et de consommations, c’est à dire par son activité économique. La finalité de l’activité économique ne se limite pas à la consommation. Il nous faut ouvrir cette porte du sanctuaire de la consommation si nous voulons enrichir nos connaissances sur la réalité économique. Au-delà de la consommation et de l’emploi, nous trouverons les solutions des paradoxes et contradictions classiques qui se sont succédés tout au long de l’histoire économique universelle.

Les finalités sont essentielles pour tous les êtres. Comme l’indique Alejandro Llano, la perte des finalités du monde prive l’homme de références qualitatives et inverse l’image qu’il a de lui-même. Si on perturbe le rapport entre les moyens et les objectifs, l’image de l’homme et  du monde s’appauvrit. Si les finalités viennent à manquer, nous nous retrouvons avec un rapport de moyen à moyen, dans un processus indéfini  qui n’atteint jamais de véritables buts. La recherche obsessive de la consommation ou de l’efficacité est une attitude sans objectifs qui finit par se révéler complètement inefficace. Le mouvement sans but n’est rien de plus qu’une répétition monotone.31

La société post-industrielle se caractérise par un plus grand intérêt pour la discussion sur les finalités, sur la qualité qui prime sur les questions purement mécaniques.

L’économie étant une activité humaine et l’homme étant composé de matière et d’esprit, il est normal que son esprit influe sur la matière et que la matière soit influencée par l’esprit. L’homme est un être libre mais sa liberté est relative car elle est conditionnée, entre autre, par l’espace et le temps. Comme tous les autres êtres, l’homme possède une finalité qui lui indique comment se comporter, comment agir pour l’atteindre. L’homme est l’être le plus adapté objectivement pour atteindre son objectif. Si cet objectif est le bonheur, l’homme est capable objectivement d’être heureux.

Ces lois de l’action humaine ont une influence fondamentale sur les phénomènes économiques. Si la science économique veut continuer à progresser, elle ne peut diviniser la consommation, elle doit se laisser porter par le courant de la finalité qui attire l’ être humain.

« On peut résumer la doctrine idéaliste, en disant que chaque individu est régi par deux lois : celle qui le dirige dans ses activités quotidiennes et une deuxième qui serait plus importante dans certaines conditions idéales, et qui, en quelques sortes, serait plus authentique que la première. C’est cette deuxième loi qui est importante pour le choix social. » 32

18 HAYEK, Les fondements de la liberté, Unión Editorial, 4°ed, Madrid 1982.
19 WALRAS, Elementos de economía política pura, Alianza Editorial, Madrid 1987, p.144.
20 DE JOUVENEL, “La eficiencia y la amenidad”, en ARROW/ SCITOVSKY, La economia del bienestar, p.135.
21 SPENGLER, “El problema del orden en los asuntos económicos”, The Southern Economic Journal, XV, Julio 1948, en El pensamineto económico…p.22.
22 CLARK, J.M, The Etical Basis of Economic Freedom, The Kaganjian Foudation Lectures, 1955. ROBBINS, Teoría de la Poíitica Económica, Ed. Rialp, Madrid 1966. WRIGHT, Democracy and Progress, Nueva York 1948. ROTHBARD, M, The Ethics of Liberty, Humanities Press, Atlantic Highlands 1982.
23 ROPKE, Más allá de la oferta y la demanda, Union Editorial, Madrid 1979, p.26.
24 STIGLER, El economista. Ed. Folio, Barcelona 1987, p.9.
25 VINER, “Adam Smith y el “laissez faire” ”, The Journal of Political economy, XXXV, abril 1927, en El pensamiento…p. 321.
26 STIGLER, op.cit.p. 62.
27 MISES, La accion humana, Union Editorial, 4a ed, 1986, p.201
28 MISES, op.cit, p.201.
29 HARSANYI, “El bienestar cardinal, la ética individualista y las comparaciones interpersonales de utilidad”, en Teoria del bienestar, p.75.
30 SCHUMACHER, Lo pequeño es hermoso, Hermann Blume, Madrid 1978, p.29.
31 LLANO, A, El futuro de la libertad, Eds. De la Universidad de Navarra, Pamplona 1985, p.127.
32 ARROW, Eleccion social y valores individuales, Instituto de Estudios Fiscales, Madrid 1974, P144.
  1. Consecuencias de la existencia de fines objetivos

Supuesta la existencia de esos fines objetivos, podemos razonar sobre sus consecuencias.

Si, planteada la hipótesis de trabajo de que existe para cada mo­mento y para cada lugar una ordenación perfecta del universo ente­ro, donde todas las cosas, con sus características peculiares, están dirigidas a sus fines particulares idóneos, donde todos sus fines están armonizados entre sí y donde todos los seres humanos, con sus pecu­liares características, libres e inteligentes, compuestos de cuerpo ma­terial y alma espiritual, dominadores de la naturaleza creada, se diri­gen libremente hacia su auténtico fin, resultará entonces que lo que vale cada una de las cosas creadas, o mejor, para lo que vale cada uno de esos bienes, sus distintas idoneidades, será la utilidad resul­tante de una elección y distribución perfectas y armónicas de actos de consumo y producción por parte de todos los seres humanos en orden a su auténtico fin último.

Por tanto, siendo el hombre inteligente y libre -pero a su vez criatura y, consecuentemente, con una inteligencia limitada y una libertad relativa-, podemos suponer que existen dos tipos de valo­res en las cosas: el apreciado por los hombres según sus circunstan­cias particulares de lugar, tiempo, deseos, necesidades… subjetivas, y por otra parte el valor objetivo ideal y perfecto insito en la naturaleza de las cosas y manifestado en cada momento y lugar por esa situación universal perfecta y armónica.

Podemos distinguir un valor objetivo y subjetivo según nos refira­mos a la capacidad real u objetiva de las cosas para relacionarse con los objetivos humanos auténticos, o bien a la capacidad subjetiva de relación respecto a los fines humanos subjetivamente considerados. La capacidad objetiva y la capacidad subjetiva se corresponden con la capacidad ideal y la real. Realmente el valor efectivo de las cosas en la sociedad es el subjetivo, pero existe un valor ideal, que sería aquel en que un espectador omnicompresivo, que conociese las ca­pacidades de todas las cosas y los fines e intenciones de todos los sujetos económicos en cada momento, descubriera lo que sería per­fecto y adecuado para cada cosa en cada momento. Ese valor ideal ejerce una continua atracción sobre el subjetivo real por efecto de las realizaciones auténticas futuras de esa capacidad subjetiva. El va­lor subjetivo tiene siempre un cierto componente de imaginario, que le hace distanciarse del ideal, pero que, por efecto de los resultados y de la capacidad de rectificación y reconversión humanas, el ideal atrae hacia sí al subjetivo real.

La naturaleza de las cosas tiene una forma determinada fuera de lo considerado como lógico o ilógico. La lógica es el instrumento con el que cuenta el hombre para intentar comprender dicha forma. Los individuos concretos que en cada situación específica actúan en el mercado tienen tan sólo un conocimiento más o menos imperfecto de las circunstancias correspondientes. Existe un gap entre el ideal objetivo y el subjetivo.

Los fallos de cálculo en la capacidad subjetiva con respecto a la ideal objetiva es la causante de las crisis económicas, de las deflacio­nes e inflaciones, de los crecimientos y depresiones, de los equilibrios y desequilibrios, de la riqueza y de la pobreza.

«Todo lo que podemos saber es que la última decisión acerca de lo bueno o lo malo no será hecha por un discernimiento humano individual, sino por la decadencia de los grupos que se hayan adheri­do a las creencias “equivocadas”». 18

Cuando un sujeto económico sobrevalora la capacidad de gene­rar riqueza futura de una cosa, siendo superior el valor subjetivo que el ideal u objetivo, pagará en el mercado más por ella; pero, poste­riormente, experimentará el error de su cálculo al comprobar la me­nor capacidad de generar riqueza de la cosa y tenderá a rectificar el valor subjetivo real adaptándolo- al ideal. El valor subjetivo real habrá bajado, con lo que el valor (siempre subjetivo) del patrimonio habrá descendido.

Ese valor ideal, objetivo, no es estático, ni es un valor fijo y estable, sino que va variando a su vez según las circunstancias de tiempo, siendo a su vez influido por el valor real, subjetivo, y con las decisiones y redistribuciones que éste comporta.

En nuestra isla «crusoniana» el valor subjetivo de unas hierbas es mayor que el ideal objetivo si creemos que tienen un poder medici­nal que más tarde se comprueba que no tienen. En ese momento se reducirá su valor subjetivo adaptándose al objetivo. Sucedería lo contrario si esas hierbas realmente tuviesen ese poder y, en cambio, no lo conociésemos subjetivamente. El valor subjetivo aumentaría al descubrirlo, adaptándose al ideal.

La cantidad total de valor varía con el tiempo en cuanto que el tiempo permite conocer con más exactitud las idoneidades de las cosas y rectificar las idoneidades subjetivas acercándolas a las objeti­vas. El valor total tiende a aumentar, puesto que cada generación está en condiciones de aprovechar los descubrimientos y avances anteriores y se aprovecha además de las experiencias anteriores, de las reconversiones, de las rectificaciones de errores, de las constantes aproximaciones hacia los valores ideales.

«Si los hombres no fueran más que animales de una especie supe­rior, como las abejas que viven y trabajan juntas de forma instintiva, la descripción y explicación de los fenómenos sociales en general y de los fenómenos de la producción, distribución y consumo de la riqueza en particular, constituirían una ciencia natural que no sería, a decir verdad, más que una rama de la historia natural, una simple consecuencia de la historia natural de las abejas. Pero todo esto es erróneo. El hombre es una criatura dotada de razón y libertad, capaz de iniciativa y de progreso. En materia de producción y distribución de la riqueza, como en general en todo tema de organización social, elige entre lo mejor y lo peor y tiende cada vez más a elegir lo mejor». 19

Coincido con los marginalistas en que el producto, la calidad del producto, su idoneidad, es lo que proporciona valor a los factores de producción que han contribuido a su fabricación, y que ese valor lo recibe el producto de su común apreciación en el mercado. Pero añado que esa común apreciación puede ser errada, puede parecerle al común de los humanos valer algo y sin embargo ser un espejismo, un fenómeno pasajero aunque real. El producto tiene, además de ese valor de mercado marcado por su demanda en un momento determinado, un valor objetivo ideal distinto. Este sería aquel que vendría dado por la intensidad de la demanda ideal o perfecta, que sería aquella en la que los usuarios actuaran en el mercado de forma ideal o perfecta, es decir, conociendo perfectamente las virtualidades, costes y defectos del producto y eligiéndolo para satisfacer con propiedad, en ese momento, la necesidad mejor en orden a sus auténticos fines.

A medida que el común de los hombres aumenten su conocimiento de los distintos productos y conozca mejor sus virtualidades en orden a sus auténticos fines, el valor de mercado se irá pareciendo cada vez más al valor objetivo, ideal o perfecto para ese tiempo concreto.

El grado de formación del consumidor, no sólo con respecto a las características del producto, sino especialmente con respecto a donde se halle, consumiendo qué y qué cantidades, en cada momento, sus mejores objetivos, se convierte en el factor clave para que el valor de mercado se asimile más al auténtico valor (mayor o menor) de tal o cual producto o servicio.

El consumo de bienes y servicios con los que no consiguen los hombres sus auténticos fines, aunque apreciados en el mercado en un momento determinado, tenderán a depreciarse posteriormente; serán sustituidos por otros.

Las reconversiones que produce la búsqueda de la auténtica felicidad produce reconversiones en la demanda, que a su vez da lugar a reconversiones en la oferta para atender las nuevas demandas.

Estas reconversiones y estas nuevas demandas estimulan la investigación y el descubrimiento de nuevas idoneidades en las cosas antes despreciadas o desconocidas, buscando los Standard de la naturaleza más apropiados al ser.

El estudio de la evolución de las ideas, de la evolución del pensamiento, de la visión filosófica de la vida y de la naturaleza de las distintas comunidades humanas nos dará un reflejo de la utilidad última subjetiva, y de ese estudio se pueden deducir constantes  históricas que serán indicativas de la felicidad objetiva hacia la que la utilidad subjetiva, incluso inconscientemente, se dirige.

Hay una tendencia innata en todo hombre hacia la auténtica felicidad. El hombre, con su libertad, yerra muchas veces el camino y se distancia más o menos de su meta. El diferencial entre lo objetivo y lo subjetivo puede ser mayor o menor, pero siempre hay un tirón de lo objetivo para que lo subjetivo se le aproxime. Más tarde o más temprano, los hombres, o un solo hombre, captan un aspecto concreto de esa felicidad objetiva (si se puede hablar en este sentido) y tenderán a perpetuarlo.

«Los juicios que hacemos acerca de la calidad de la vida no son meras expresiones de capricho individual, sino que tienden a un valor objetivo aun cuando éste sea aproximado». 20

El estudio e investigación científicos de los auténticos fines hu­manos y la comunicación de esos descubrimientos, para que sean conocidos por el mayor número de personas, se constituye -en últi­mo término-  en el auténtico motor y en la auténtica orientación de todo el proceso económico de producción.

Además del conocimiento, lo más objetivo posible, de las capaci­dades de los distintos bienes materiales y sus relaciones complemen­tarias, resulta vital para acercarnos al tratamiento objetivo del valor económico, la aproximación cognoscitiva a las características objeti­vas de la naturaleza humana. La ciencia económica tiene que buscar la efectiva actuación del hombre tal como éste es y opera en el mun­do. Tiene que sustituir tipos humanos abstractos, hombres económi­cos artificiales, construcciones meramente subjetivistas de hombre medio, por concepciones más acordes con la auténtica naturaleza humana y los requisitos más objetivos del hombre tal y como es, actúa y vive. Las ciencias que estudian la naturaleza humana no pue­den ser ajenas al investigador económico. Debe tratar de buscar, tanto en el ámbito de la naturaleza como en el del hombre, ese orden objetivo impreso en su ser.

Podemos afirmar con Joseph J. Spengler que el hombre habita dos esferas o mundos del ser: la real objetiva y la analítica o hipoté­tica. La esfera de lo real estaría constituida por el conjunto de he­chos, aparentemente discordantes y confusos, pero cuya armonía po­dría ser captada por un observador omniperceptivo, omnicomprensi­vo y libre de prejuicios, procedente de otro planeta. La esfera de lo hipotético está formada por las construcciones mentales edificadas con mayor o menor genialidad por el teórico de la realidad socioeco­nómica (y en general por todo hombre analítico), basándose en su percepción subjetiva del mundo real, con el fin de reflejar los ele­mentos básicos que lo integran y llegar a comprenderlo y, a ser posi­ble, controlado.

La esfera de lo hipotético, lo abstracto y lo subjetivo del ser creado por los teóricos socioeconómicos constituye una parte impor­tante de la ideología de su sociedad, ideología que es un importante elemento del equipo espiritual de esa sociedad y que, junto con el equipo material, determina el bienestar de los individuos que la inte­gran. En esta esfera subjetiva del ser cabe distinguir componentes irracionales y racionales, y entre estos últimos se encuentran los que son compatibles con la esfera real del ser y los que no lo son.

«El progreso de la teoría social y (en gran medida) de la capaci­dad del hombre para configurar su medio ambiente físico y espiritual consiste en la sustitución de construcciones mentales irracionales por construcciones racionales, y de aquellas que no son compatibles con el mundo real del ser por las que lo son». 21

A través del ejercicio, de nuestras facultades de razonamiento y de observación, tratamos de hacer progresar el conocimiento del sis­tema «objetivo» del actuar humano que, si se acepta la hipótesis de una naturaleza humana universal, se deriva de las mismas caracterís­ticas de esta naturaleza. Mediante tal indagación podemos deducir de esa naturaleza lo que es mejor para el hombre y, por lo tanto, cuáles son los fines que debe perseguir. Si el cuarzo, la naranja o el pato tienen su naturaleza específica, también es lógico que el hombre tenga la suya y, en consecuencia, pueda ser objeto de un esfuerzo racional de observación y de análisis. El análisis del valor económico conduce al estudio antropológico sobre la verdad científica del ser humano.

La afirmación de la existencia de un orden objetivo estimula a las ciencias que tratan de aproximarse a él. En lo que a nuestro tema se refiere, el valor económico no es un simple asunto de puros conve­nios circunstanciales y aleatorios, sino algo que se puede deducir, objetivamente, de la misma naturaleza de las cosas y del hombre.

La raíz de la ética  auténtica -alejada de las éticas meramente utilitaristas; que la reducen a sus aspectos sociológicos- deriva de estos hechos. Por encima de las subjetividades de las civilizaciones, los individuos y las sociedades, existiría una ética universal que defi­niría un conjunto de normas de actuación objetivas derivadas del carácter especial de su naturaleza, con independencia de todo contexto cultural. 22

«Sólo podremos respirar tranquilos cuando el hombre haya vuel­to a: encontrarse a sí mismo y haya alcanzado la firme orilla de su propia naturaleza». 23

Aunque las condiciones técnicas y de organización, junto con las instituciones sociales, tienen un peso considerable en la determina­ción del valor, un análisis de las causas finales nos lleva a que la decisión última se halla, en definitiva, en las capas más profundas de la esfera moral y espiritual de cada persona, en la ética que reflexiona acerca de los fines que nos proponemos y acerca de la adaptación de nuestros fines a los fines de otros hombres ya los fines de la natura­leza. La economía facilita los medios pana alcanzar los fines. Está mediatizada por la ética. Fines y medios son interdependientes y, por lo tanto, no podemos separar ética y economía.

«Las cuestiones éticas son ineludibles: hay que tener unos fines al juzgar las políticas, y estos fines tendrán, ciertamente un contenido ético, por oculto que pueda estar».24

Fue este convencimiento de la existencia de un orden objetivo el que como a muchos otros, estimuló a Adam Smith a construir, sub­jetivamente y con más o menos acierto, una síntesis lógicamente coherente de las relaciones económicas. Los fenómenos económicos son manifestaciones de un orden subyacente en la naturaleza, gober­nado por fuerzas naturales que el teórico debe tratar de vislumbrar y poner de manifiesto en la medida de sus posibilidades.

En Smith podemos concretar el fenómeno general especulativo que busca un sistema explicativo lo más certero posible, convencido de que existe esa perfección objetiva, mediante la utilización subjeti­va de todos los medios a su alcance y que le influían notablemente.

«El ius naturale romano, a través de Grocio y de Puffendorf, ejerció una profunda influencia en el pensamiento de Smith. El énfa­sis renacentista sobre el individuo, la filosofía naturalista de Shaftes­bury, Locke, Hume, Hutcheson, el teísmo optimista de los filósofos escoceses, el empirismo de Montesquieu, fueron todas ellas influen­cias más inmediatas y más poderosas. La ciencia, la filosofía, la tec­nología, la psicología, la historia, la observación contemporánea de los hechos iban a producir, bajo la capaz dirección de Adam Smith, una aplastante cantidad de pruebas de la existencia de un orden en la naturaleza en el que se pueden discernir benéficas intenciones hacia el género humano». 25

Esta existencia de un orden objetivo, que se manifiesta en la acción de las fuerzas de la naturaleza externa y en las propensiones innatas implantadas en la naturaleza del hombre, está desarrollada especialmente en su Teoría de los sentimientos morales. Dicha teoría, con su implícito convencimiento de un orden objetivo, fue la palanca que permitió la elaboración de La riqueza de las naciones. Su intento de aproximarse a la naturaleza de las cosas fue más o menos certero, pero es indudable que se hizo estimulado por el convencimiento racional de su existencia. Si no existiese un orden objetivo al que aproximarse, todo esfuerzo especulativo resulta baldío de antemano.

Como los fines objetivos son inalcanzables, inaprensibles, pare­ce que resulta inútil sustentar toda la lógica del proceso productivo sobre ese pilar idealista. Pero no resulta inútil desde el momento en que los fines subjetivos tienden hacia los objetivos y aquellos subjeti­vos -los efectivamente presentes en el pensamiento de cada ser hu­mano- sí son más fáciles de estudiar, contrastar, analizar e investi­gar, a través de sus manifestaciones, y especialmente a través de sus concreciones en actos y hábitos de consumo y producción.

«Creo que es factible e incluso un problema científico ortodoxo descubrir un conjunto de preceptos ampliamente aceptados desde antiguo sobre el comportamiento ético personal y probar su concor­dancia con el comportamiento maximizador de utilidad para el pre­dominio de los individuos». 26

Analizando esos hábitos de consumo y producción, y su perdura­bilidad, podemos descubrir aspectos al menos de la felicidad objeti­va: el hábito de dormir durante un número determinado de horas -aun cuando resulta ser un aspecto contrastable en el estudio de la felicidad subjetiva-, teniendo en cuenta su perdurabilidad a lo largo de los siglos y en todos los lugares, es un indicativo de la relación entre el dormir unas horas y la consecución de un mejor vivir.

Podemos observar otro ejemplo en el enorme desarrollo de los servicios médicos, signo a su vez de la demanda de salud; es un indicativo de la búsqueda innata de la vida y su intento de ampliarla. La vida aparece como requisito indispensable para la felicidad. Los índices de suicidios y sus causas muestran -en esta perspectiva ­un signo de infelicidad. Sus mismas causas y las causas de esas cau­sas, siempre relacionadas con algún acto o hábito de consumo, se presentan como indicativos de bienes o servicios con idoneidades negativas.

«La ley de la utilidad marginal no se refiere al valor en uso obje­tivo, sino al valor en uso subjetivo. No alude a las propiedades quí­micas o físicas de las cosas en orden a provocar ciertos efectos en general; se interesa tan sólo por su idoneidad para promover el bie­nestar del hombre, según él, en cada momento y ocasión, lo entien­de. No se ocupa de un supuesto valor intrínseco de las cosas, sino del valor que el hombre atribuye a los servicios que de los mismos espera derivar». 27

Pero el hombre puede equivocarse, puede no conocerse correcta­mente, puede no saber que su máxima realización, su mejor estar, su mejor ser, está allí y no aquí. Podemos suponer, aunque sólo sea hipotéticamente, que sí existe un estado de perfección, de máximo bienestar, en cada instante y para cada persona. La idoneidad objetiva y la ley de la utilidad marginal en uso objetivo sí que existirían referida a esa situación de bienestar ideal posible, aunque desconoci­da para esa persona. Podemos pensar en ese caso, teniendo en cuenta la capacidad de rectificación del ser humano, que «existen etapas diversas en nuestra asintótica aproximación hacia aquel estado después del cual ya no hay nueva acción». 28

Cada situación alcanzada en cada instante es a su vez germen y atalaya de nuevas situaciones de mejor-estar, mejor hacer y mejor ser. Y aunque alcancemos en esa tensión asintótica la máxima perfec­ción objetiva en un instante, esta misma situación engendra y nos permite divisar nuevos horizontes de mejora que atraen la acción humana hacia ella y crean, en los medios a utilizar, nuevas y mejores expectativas de idoneidad, nuevas concreciones de valor en las cosas.

La meta subjetiva que nos marca el punto de mira para valorar la idoneidad subjetiva de las cosas (o, para ser más concretos, su utilidad subjetiva) es la que se realiza históricamente por la acción libre del hombre y es la que engendra nuevas metas subjetivas; pero igual que todas las cosas en el universo tienen sus metas a alcanzar, sus utilidades últimas sobre la base de su servicio al hombre, y es éste el que las mide, es de suponer que el hombre tenga a su vez sus metas objetivas, su fin concreto y definido como ser humano y su fin general como conjunto de hombres, como humanidad 29 . Si eso fuese así, esas metas objetivas, esos fines últimos objetivos ejercerían una continua atracción sobre las tendencias y facultades humanas; inten­tarían atraer hacia sí continuamente las metas subjetivas que marcan las utilidades marginales subjetivas. Esa atracción se manifestaría en el descontento y cierto malestar en las metas subjetivas alcanzadas que engendrarían, por la capacidad humana de rectificación y recon­versión, la búsqueda de nuevas metas subjetivas en un nuevo intento de alcanzar las objetivas.

Incluso alcanzada esa meta objetiva, en un instante, no dejaría el hombre de actuar, puesto que también esa situación engendraría nuevas metas subjetivas y objetivas a conquistar. El hombre es un ser pensante y su actividad intelectual y espiritual no cesa.

Sí existe una mano invisible; sí existen, aunque las desconozca­mos, utopías alcanzables en cada tiempo y lugar y por cada ser hu­mano.

«Cuando el nivel de desarrollo era menor, podíamos temporal­mente excluir la sabiduría de la economía, la ciencia y la tecnología, pero ahora que hemos alcanzado un alto nivel de prosperidad, el problema de la verdad espiritual y moral ocupa la posición cen­tral». 30

Un gran número de economistas ha advertido reiteradamente la enorme fecundidad de la naturaleza, con la ayuda del trabajo huma­no, para ponerse al servicio de los objetivos del hombre y reconocen las ventajas y la armonía creadas por el orden natural del mercado. Se entusiasman con los nuevos descubrimientos científicos y con la potencia multivariante de la riqueza material para servir a la humani­dad. Reconocen que esas capacidades, esas idoneidades, esas poten­cias, no son creaciones humanas. Sin embargo, no son capaces de dar el gran paso, el gran salto hacia adelante, que no es otro que el de reconocer y tener en cuenta en sus estudios e investigaciones que tiene que existir, por ello mismo y necesariamente, dada esa realidad de ideales objetivos alcanzables.

Si, como hipótesis, existe en cada momento una pléyade de valo­raciones últimas objetivas que atraen hacia sí las subjetivas, el benefi­cio subjetivo irá aumentando en la medida en que se aproxime a ese ideal. El descubrimiento o mayor aproximación anterior en el tiempo por alguno o algunos agentes sociales de ese ideal objetivo les permi­tirá incrementar sustancialmente sus utilidades últimas.

También como economistas tenemos que introducimos en el san­tuario de las motivaciones de la acción humana, en el santuario de la libertad. Hay que investigar qué existe más allá del consumo, qué leyes lo gobiernan sin destruir nuestra libertad relativa; qué intenta conseguir el hombre con sus múltiples combinaciones de consumos y trabajos, con sus actuaciones económicas. El fin de la actividad económica no se agota en el consumo. La puerta de ese santuario consumista debe ser traspasada si queremos avanzar en nuestro co­nocimiento de la realidad económica. Más allá del consumo, y más allá del empleo, se encuentran los fundamentos de las soluciones de las clásicas paradojas y contradicciones que se han sucedido a lo largo de la historia económica universal.

Los fines son esenciales para todos los seres. Como indica Alejan­dro Llano, la desfinalización del mundo, su cuantificación homogé­nea, privándole de referencias cualitativas, revierte sobre la idea que el hombre tiene de sí mismo. Si se pierde la relación causal funda­mental que consiste en la que guardan los medios con los fines, se empobrece la imagen del mundo y del hombre. Si faltan los fines nos quedamos sólo en una relación de medios a medios en u1.1 inde­finido proceso que nunca alcanza verdaderas metas. Si el hombre, como muchas veces sucede, intenta entenderse a sí mismo como simple medio, se consagra la desorientación. La búsqueda obsesiva del consumo, o de la eficacia -en otro orden de cosas-, es una actitud sin objetivos que acaba revelándose como totalmente contra­producente y, de este modo, totalmente ineficaz. El movimiento sin finalidad no supera la monótona repetición. 31

La sociedad postindustrial se caracteriza por la renovada aten­ción a la discusión sobre los fines perseguidos, por la mayor relevan­cia concedida a los aspectos concernientes a la calidad que priman sobre las cuestiones de carácter meramente mecánico.

La economía es una actividad humana; el hombre es un ser com­puesto de materia y espíritu; su espíritu influye en su materia y su materia en su espíritu; es un ser libre, pero con una libertad relativa, condicionada; entre otras cosas, por el espacio y el tiempo. Como todo ser, posee una finalidad que le indica unas pautas de comporta­miento, unas leyes, unas normas de actuación para que ese fin sea alcanzado yesos objetivos conseguidos.

Esa finalidad marca una valoración sobre el hombre, que se en­cuentra dotado con capacidad para alcanzado. El hombre es idóneo, objetivamente, para alcanzar su fin. Si ese fin es la felicidad, se en­cuentra capacitado objetivamente para ser feliz. Si todos los seres que encontramos en el universo son idóneos para alcanzar sus fines, no es el hombre la excepción a la regla. En algo yerra su actuación si no la alcanza.

Esas leyes, no inexorables sino libres, de la acción humana tienen una influencia vital en los fenómenos económicos. La ciencia econó­mica, si quiere avanzar en sus logros, no puede endiosar el consumo en general; debe buscar en los requisitos de la acción para que esa acción humanice y no deshumanice, debe buscar y dejarse llevar libremente por esa corriente de atracción que genera el fin particular al que todo ser humano se dirige.

«La doctrina idealista puede resumirse entonces diciendo que cada individuo cuenta con dos ordenaciones: una por la que se rige en sus actividades cotidianas y otra que sería relevante en ciertas condiciones ideales y que en cierto sentido es más verdadera que la primera ordenación. Es esta última la que se considera relevante para la elección social». 32

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18   HAYEK, Los fundamentos de la libertad, Unión Editorial, 4ª ed., Madrid 1982.
19   WALRAS, Elementos de economía política pura, Alianza Editorial, Madrid 1987, p.144.
20   DE JOUVENEL, «La eficiencia y la amenidad», en ARROW/SCITOVSKY, La eco­nomía del bienestar, p. 135.
21    SPENGLER, «EI problema del orden en los asuntos económicos», The Southern Economic Journal, XV, julio 1948, en El pensamiento económico.., p. 22.
22  CLARK, J. M., The Ethical Basis of Economic Freedom, The Kaganjian Founda­tion Lectures, 1955. ROBBINS, L., Teoría de la Política Económica, Ed. Rialp, Madrid 1966. WRIGHT, Democracy and Progress, Nueva York 1948. ROTHBARD; M., Tbe Ethics of Liherty, Humanities Press, Atlantic Highlands 1982.
23    RÖPKE, Más allá de la oferta  y la demanda, Unión Editorial, Madrid 1979, p. 26.
24   STIGLER. El economista, Ed. Folio, Barcelona 1987, p. 9.
25   VINER, «Adam Smith y el “laissez faire”», The Journal of Political economy,
XXXV, abril 1927, en El pensamiento.., p. 321.
26   STlGLER, op. cit., p. 62.
27   MISES, La acción humana, Unión Editorial, 4ª. ed., 1986, p. 201
28   MISES, op. cit., p. 201.
29   HARSANYI: «Podemos denominar a la primera de sus preferencias “éticas”, y la última sus preferencias “subjetivas”. Sólo sus preferencias “subjetivas” (que definen su función de utilidad) expresarán sus preferencias en d sentido pleno de este término, tal como realmente son, traduciéndose en una actitud egoísta en el caso de un individuo egoísta, y en una actitud altruista en el caso de un individuo altruista. En cambio, sus preferencias “éticas” (que definen su función de bienestar social) expresarán lo que sólo en un sentido especial pueden considerarse sus “preferencias”: por definición, expresarán lo que prefiere el individuo, en esos momentos probablemente raros en que se impone una actitud imparcial e impersonal especial» (El bienestar cardinal, la ética individualista y las comparaciones interpersonales de utilidad», en Teoría del bienestar, p. 75.).
30   SCHUMACHER, Lo pequeño es hermoso, Hermann Blume, Madrid 1978, p. 29.
31   LLANO, A., El futuro de la libertad, Eds. de la Universidad de Navarra, Pam­plona 1985, p. 127.
32   ARROW, Elección social y valores individuales, Instituto de Estudios Fiscales, Madrid 1974, p. 144.